Lettre ouverte

aux chrétiens, et aux personnes se reconnaissant dans un même courant de valeurs… 

 

Le Père Gille Gracineau nous livre sa réflexion et nous interpelle sur la situation des personnes migrantes capables de s’intégrer sur notre territoire limousin à l’heure où la France, notre pays, cherche de la main d’œuvre.

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LA « CLAMEUR » DES MIGRANTS !

Aux portes du Plateau de Millevaches et sur le Plateau depuis plusieurs années des hommes, des femmes, des familles se battent pour donner hospitalité à des personnes migrantes. La Cimade, le Mas (Montagne Accueil Solidarité) sont en première ligne. Des chrétiens participent à ces efforts sur notre territoire, ils veulent les soutenir.

Ce ne sont pas seulement des « migrants » mais des « personnes migrantes » qui sont accueillies aspirant à une dignité après avoir traversées l’obscurité des violences de toute sorte, des sévices dont on ne peut prononcer le nom sans effroi. 150 personnes attendent leurs papiers. Certains sont reçus comme des frères, logés au mieux, accueillis dans des familles. Et voici que, sans ménagement sur leur histoire, notre pays frileux les rejette alors que leur intégration fait l’admiration de tous.    

Que fait-on ? 200 personnes se mobilisent à Felletin et voici qu’on rejette, sans état âme et non sans violence, un homme dont la famille a été décimée au pays de l’horreur soudanaise. Les chrétiens héritiers d’une hospitalité fraternelle millénaire sont choqués, blessés devant des frères et sœurs malmenés et, une fois de plus, humiliés. Notre pays serait-il saturé de migrants à l’heure où des employeurs cherchent des ouvriers ? Notre pays aurait-il perdu cœur ? Ferait-il insulte à ceux et celles qui pratiquent l’hospitalité ? Le Sénat va-t-il être capable de relever le défi de l’hospitalité quand il annonce une loi sur la fraternité définissant la fraternité comme « un principe à valeur constitutionnelle » ainsi découlerait « la liberté d’aider autrui dans un but humanitaire, sans condition de régularité de son séjour sur le territoire national ?»

Des chrétiens souhaitent une heureuse issue et interprétation des travaux du Sénat. Notre pays de la liberté et de l’égalité, deux principes servis par des lois diverses, se trouverait grandi en protégeant de manière constitutionnelle le principe de la fraternité. Alors, sans peur, notre terroir creusois serait à la hauteur des valeurs à vivre sur un territoire à haute densité d’humanité.

Gilles Gracineau