Les Cènes

Les Cènes d’Eymoutiers

(selon la tradition orale)

En souvenir de la Cène du Jeudi Saint, deux gâteaux portent encore ce nom en Limousin.

L’un d’eux est une fine pâtisserie sèche en forme de grande hostie, décorée de rosaces, parfumée à diverses essences et cuite au fer ;

C’était une spécialité de la petite ville d’EYMOUTIERS, à une quarantaine de kilomètres à l’est de LIMOGES ;

L’autre a la forme d’une petite tourte ronde incisée d’une croix sur le dessus, en vente chez les pâtissiers le jour du Jeudi Saint.

Ceux-ci prennent en général la précaution d’envoyer un apprenti en faire bénir une corbeille à la première messe paroissiale afin de pouvoir offrir des cènes bénites à leurs clients les plus attachés aux traditions religieuses.

Par testament , le Chanoine PICHON léguait en 1773 à l’hôpital civil et militaire de LIMOGES une somme de 10 000 livres, à la charge pour cet établissement de remettre chaque année, le jour du

Jeudi Saint, après bénédiction, une cène de froment à chaque pauvre de l’hôpital. En outre , la sœur chargée de la boulangerie devait faire porter une cène d’une livre et demie aux fonctionnaires de l’époque.

Depuis bientôt deux siècles, malgré les révolutions, guerres, changements de régime, le vœu du pieu Prévôt de Saint Martial est scrupuleusement observé.

A la campagne, on ne mangeait sa part de cène qu’après s’être signé, et, dans bien des familles, on en réservait un morceau qui, traversé d’une branche de buis bénit, était fixé dans la fente d’une poutre où on le laissait jusqu’au Jeudi Saint de l’année suivante.

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