Confréries de Pénitents

Rappel historique

Le mot pénitent vient du latin paenitens qui est le participe présent du verbe paenitere: se repentir. C’est l’état d’une personne qui se présente au prêtre pour confesser ses péchés et recevoir le sacrement de la pénitence.

Au IV° siècle, il y avait quatre catégories de pénitents :

– les pleurants : restaient à la porte des églises

– les écoutants : restaient dans le vestibule,

– les prosternés : avec les catéchumènes, n’assistaient qu’à la première partie de la messe

– les consistants : se mêlaient aux fidèles mais ne pouvaient participer à l’Eucharistie.

La pénitence publique fut remplacée ensuite par des aumônes ou des fondations pieuses.

Au V° siècle, voire même plus tôt, des hommes et des femmes, célibataires ou mariés, se regroupent et adoptent les conditions de vie imposées par la discipline canonique aux pêcheurs publics officiellement réconciliés:

– port d’un habit spécial,

– pratique régulière de la prière,

– plus stricte observance de l’abstinence et du jeûne,

– renoncement aux fêtes mondaines.

Aux XII°, XIII° et XIV° Siècles. l’autorité de l`Eglise fut fortement discutée. Au nord de l’Italie, une association pieuse d’artisans de la laine naquit à Milan en 1178. Appelés les « humiliés », les membres de cette association étaient des travailleurs laïcs mariés qui avaient choisi de pratiquer la pauvreté volontaire et de prêcher la pénitence. Ils portaient, par pénitence, des vêtements de gros drap gris et prétendaient amorcer un retour à l’église primitive. La plupart des humiliés se réconcilièrent avec l’église et furent reconnus en 1201 par le pape Innocent lll.

Symbolisme de l’habit, de sa couleur dans les différentes confréries

Cet « habit », dont la couleur varie suivant les confréries ne porte aucun signe permettant d’identifier un dignitaire ou une fonction exercée par un frère. L’habit des pénitents est l’une des spécificités des confréries qui surprend bien des gens. Pourquoi les pénitents portent-ils un sac, une cagoule et un cordon. C’est l’un des signes extérieurs de l’égalité entre les pénitents d’une même confrérie et de l’anonymat de leurs actions, les pénitents intervenant toujours au nom de leur confrérie.

Le sac. Le mot sac est d’origine sémitique. C’est le vêtement de toile que l’on portait autrefois en signe de deuil et de pénitence. Le sac désigne , avec une connotation évidente de salut, le lieu où le principe de vie est conservé. Pour le pénitent, le sac est à la fois sa « livrée » de pénitence, mot qui symbolise le fait que le pénitent s’offre à tous et son « bouclier », c’est à dire le vêtement qui le protège. Lors des cérémonies, et pour défiler dans la rue, le sac d’ample dimension permet de dissimuler les vêtements civils et, par là même, les éventuelles marques de classe sociale qui s’y rattachent. A sa mort, le pénitent sera enseveli dans son sac qui lui servira de linceul.

La cagoule. C’est une sorte de capuchon pointu percé de trous au niveau des yeux. La cagoule, dont le pénitent se couvre le visage en signe d’humilité, symbolise également l’égalité de tous devant la mort et contribue à l’anonymat du pénitent en masquant les traits de son visage.

La corde « d’argent » désigne la voie sacrée immanente en la conscience de l’homme qui relie son esprit à l’essence universelle. Le sac muni de la cagoule, ceint par la corde attachée par le triple noeud fransiscain, est devenu l’insigne de chaque confrérie.

La couleur des sacs définit les différentes confréries:

– gris pour la Dévote et Royale Compagnie des pénitents d’Avignon

– blanc pour l’Archiconfrérie de Gonfalon de Rome

– bleus pour les pénitents de Montpellier,

– rouge pour ceux de Nice,

– noirs pour ceux de Vairéas,

– feuilles mortes pour ceux de Limoges….

    Eymoutiers Historique